Témoignages inspirants

Le voyage de ToutLaureDuMonde

Bonne année  🙂  Je tenais à démarrer 2018 avec le témoignage du voyage de Laure qui a fondé la chaîne Youtube ToutLaureDuMonde.

Laure fait partie de mes belles rencontres 2017. J’ai été touchée par sa générosité et sa gentillesse. Je l’ai contactée après avoir découvert sa chaîne Youtube et elle a immédiatement organisé un échange depuis l’autre bout du Monde (il me semble San Francisco quand je l’ai contactée ^^) pour témoigner et partager son expérience.

Pour son témoignage, j’ai fait différemment de d’habitude. Au lieu de l’interview classique, j’ai plutôt retranscrit un récit de vie. On y découvre comment malgré les barrières de la vie ou celles qu’on peut s’imposer, elle a su concrétiser son rêve et s’épanouir.

Vous pouvez évidemment me dire en commentaire ce que vous pensez de ce nouveau format et si vous aimeriez voir plus souvent ce type de récits.

Je vous laisse découvrir son témoignage :

Le contexte

Depuis que je suis toute petite, je suis entourée de personnes qui voyagent :

Mon grand-père a fait 2 tours du monde, ma meilleure amie a voyagé dans toute l’Amérique latine et ma sœur a vécu dans un ashram en Inde et a traversé l’Afrique en Van.

Naturellement, je me disais donc « un jour je ferai un tour du monde ».

Les études

J’ai grandi et j’ai fait des études en diététique.

Lors de ma formation, je vivais alors une contradiction car j’ai toujours été persuadée que les régimes ne permettaient pas une relation saine avec l’alimentation.

Or, là, on apprenait à tout peser, même la farine à un gramme près pour faire une quiche.

Et un jour, j’ai eu des cours sur le comportement alimentaire. C’était une révélation : c’était tout ce que j’avais toujours recherché dans mon métier.

Pour un vrai travail de fond, il est indispensable, selon moi, d’analyser l’influence de nos émotions et de nos pensées sur notre manière de manger et comment les humains usent l’alimentation pour éviter d’affronter leurs émotions.

Et un professeur en particulier nous incitait à écouter notre corps, à être attentif à nos sensations alimentaires.

Pendant ces cours, je pensais : « tu n’es pas folle, il y a d’autres manières de manger sainement plutôt que de se flageller avec un régime draconien »

Le monde du travail

Dès la fin de ma licence, je rentre dans le monde du travail et là, c’était horrible.

Je suis entrée dans le service consommateur d’un groupe agro-alimentaire.

Quand c’est ton premier boulot, t’as l’impression que la situation économique globale est tellement désastreuse que si t’as un travail, même s’il est peu payé, t’as de la chance.

Sauf que je n’arrivais pas à trouver du sens dans ce que je faisais, parce que je m’éloignais de ma vocation qui était d’aider les gens à se sentir bien avec eux même.

Du coup j’avais l’impression d’investir mon temps dans du creux. Je me sentais en décalage entre ce que je voulais faire et ce que je faisais.

Le projet

Il y a eu comme un appel à mes 24 ans.

En fait, j’avais l’impression que ma vie était toute tracée comme si je savais d’avance ce qui allait se passer. J’avais la sensation d’attendre ma mort d’une certaine façon. Cette pensée m’a fait un électrochoc, je ne pouvais pas me dire ça à 24 ans ! Je m’empêchais de vivre pleinement et de réaliser ce que j’avais toujours voulu faire : voyager en solo.

En parallèle, dans le quotidien, je voyais une montée d’intolérance, de haine et j’ai senti que ça ne pouvait plus durer, que je devais me positionner.

J’avais envie de parler de sujets plus généraux, de problématiques qui touchent notre monde aujourd’hui et pas de parler uniquement de nourriture.

Et j’aimais Youtube et le fait de pouvoir partager mes idées avec des personnes partout dans le monde.

J’ai donc voulu aller dans le monde, interroger des gens d’âge, de sexe, de catégorie socio-professionnelle différentes, et récolter leur vision de leur pays.

C’était peut-être très ambitieux mais je me suis dit qu’il fallait que j’aille au bout de mes projets.

L’opportunité

8 mois avant que je parte, j’ai rencontré quelqu’un dont je suis tombée amoureuse. C’était un assez mauvais timing puisque je comptais voyager seule… mais c’est le genre d’événement qu’on ne choisit pas.

Donc on s’était dit que notre histoire se finirait le jour où je partirai pour mon voyage. Il a toujours été bienveillant et m’a poussé à vivre mes rêves.

Ça m’a fait énormément de bien de me voir en train de construire ce projet si important à mes yeux et de rencontrer des personnes qui me tiraient vers le haut. Tout ça a mis du sens dans ma vie.

Le départ et la fin des illusions

Le 8 novembre j’ai donc pris un avion avec mille escales et j’ai atterri le 10 novembre à Buenos Aires. Et là, c’était la panique totale !  Je me suis dis « Mais qu’est-ce que je fous ici ?! » J’étais déboussolée.

Surtout que j’avais mis 2 ans à construire ce projet et à l’idéaliser. Je me voyais déjà danser autour d’un feu sur une plage, entourée de toute une bande de pote. Mais la réalité te montre rapidement que personne ne t’attend. J’avais peur et je me sentais très seule.

Donc l’Argentine c’était difficile car c’était la fin des illusions.

Et ça m’a fait de la peine car je m’attendais à guérir de je ne sais quoi. Je pleurais beaucoup, je n’arrivais pas à être en contact avec les gens. Je ne parlais pas espagnol. Et je me mettais la pression pour mon projet de vidéos sur Youtube.

C’était la première fois que je voyageais seule. Je ne connaissais pas mon rythme, je ne savais pas comment j’aimais voyager. Ainsi, j’ai vite compris que je préférais prendre mon temps, quitte à faire l’impasse sur certains lieux, mais de rester au même endroit pour me créer des repères et des habitudes.

Le thème de l’argent me faisait aussi très peur. Mais en fait, il y a pleins d’alternatives pour économiser de l’argent en voyage. Comme avec coushsurfing ou encore Helpx et WorkAway qui sont des sites qui te mettent en relation avec des personnes qui cherchent des volontaires. En échange de quelques heures travaillées (5 h normalement) tu as un lieu pour dormir et certains repas. C’est un super moyen d’économiser.

J’ai commencé petit à petit à mettre en place mon projet vidéo en faisant des interviews au Chili, en Bolivie, en Colombie, en Jamaïque et au Mexique.

Tout commençait à prendre forme, ça devenait réel.

Le lancement sur Youtube

J’ai commencé par faire une vidéo sur la vision que les Français avaient sur la France.

Ça me tenait beaucoup à cœur, surtout après tous les événements qui se sont passés.

J’avais vraiment envie d’ouvrir un débat, d’amorcer un dialogue, de montrer des avis différents en donnant la parole à des inconnus.

Je trouve que c’est ce qui manque dans notre société : la possibilité de débattre sans rapport de force, sans vouloir absolument convaincre.

Après les attentats, je me suis demandé comment on en était arrivé là. L’une des réponses, pour moi, est le manque de dialogue et d’écoute. C’est pour ça qu’il me semble indispensable d’avoir un lieu pour évoquer nos doutes, nos peurs, nos espoirs, nos déceptions.

A mon échelle, c’est ce que j’essaie de faire avec ma chaine Youtube. Plutôt qu’une chaîne de voyage, j’aimerais développer une chaîne centrée sur l’humain. J’utilise simplement le voyage comme moyen pour aborder les gens.

C’est ma manière de faire mon devoir civique pour améliorer à ma petite échelle mon environnement. Ma manière de lutter contre l’idée que l’on nous abrutisse et qu’on se renferme.

Mon discours fait cliché car je sais que ce n’est pas si simple. Mais c’est important qu’on parle de ces prises de conscience. Ce ne sont pas les politiciens qui vont changer les choses, c’est nous par nos actes et chacun de nos choix.

En effet, je pense qu’il faut vraiment changer l’intention dans la société. Arrêter de centrer uniquement les choses sur le profit, y ajouter du sens.

Du Tour du Monde au voyage initiatique

Je m’étais dit « je ne sais pas quand je rentre mais je vais faire le tour du monde ». En fait, je m’accrochais plus au titre qu’à l’expérience.

Et depuis le Mexique je sentais que j’avais envie de rentrer. Mon entourage avait beau dire que je n’étais obligée de rien, que je me fixais mes propres barrières, j’avais l’impression que je me trahissais en « abandonnant ».

Avec un peu de recul, j’ai compris que pour moi, le voyage, ce n’est pas le nombre de pays visités mais une recherche d’authenticité, de sincérité et d’expérience.

A un moment, j’ai lâché prise, sur ce titre « tour du monde » et en regardant en arrière, je suis très fière de ce bout de chemin que j’ai fait… ça vaut toutlauredumonde 😉

Et la suite?

J’ai envie de rentrer en France et de me consacrer à ma profession de diététicienne-nutritionniste. J’aimerais créer mon cabinet pour prendre en charge les gens à ma façon et les aider à se sentir bien dans leur corps.

Je vais continuer à alimenter ma chaine Youtube en d’interviewant des personnalités fascinantes aux expériences singulières.

Un conseil pour les voyageuses qui n’ont pas encore osé se lancer?

FONCE !

On croit que la majorité des gens veulent t’agresser parce que tu es une femme alors que c’est totalement l’inverse : tout le monde veut te protéger.

Ecoute ton instinct, c’est ton meilleure guide.

Ouvre tes yeux et n’hésite pas à demander de l’aide quand tu en as besoin.

C’est une expérience de folie, même s’il y’a des moments difficiles, ça t’apprend énormément sur toi et les autres.

Enjoy !

 

You Might Also Like...

1 Comment

  • Reply
    AOULAICHE
    10 janvier 2018 at 19 h 41 min

    Bravo pour ton courage! C’est très touchant comme histoire.

Leave a Reply