Témoignages inspirants

Irène a fondé Paulette

Irène est la fondatrice du magazine Paulette. Je vous en ai déjà parlé car il est riche en créativité. Au-delà de l’inspiration procurée par les articles, c’est le magazine lui-même qui m’inspire. Il est né grâce à une communauté qui lui a permis de voir le jour et de côtoyer les magazines renommés dans les kiosques à journaux.

Merci Irène d’avoir pris le temps de répondre de manière constructive à mes questions.

Je vous laisse découvrir et vous inspirer 🙂

Bonjour Irène!

Peux-tu te présenter en quelques mots et présenter le concept de Paulette pour celles qui ne connaissent pas encore?

Je m’appelle Irène, j’ai 32 ans. J’ai fait une école d’arts appliqués puis j’ai été directrice artistique dans la publicité. J’ai fondé Paulette en 2009 à 24 ans, en indépendante avec mes propres moyens et l’aide de mon compagnon Sofiane, d’amis et de contacts qui ont rejoint le projet.

Paulette est un magazine féminin indépendant autour de l’inspiration et de la découverte. Il a pour but de présenter un magazine féminin sous une forme différente de celle classique qu’on connait. Il se place sous le prisme de la découverte, de la création, de l’art et a un esthétique poussé, cher à mon métier de DA.

Paulette est né sur le digital en indépendant, via les réseaux sociaux. Dès le début, nous avions la volonté de nous lancer au national en kiosque. Paulette a pu se lancer grâce à la communauté qu’on a construit online. On a été un des tous premiers supports à faire du crowdfunding en France. Avant même cette campagne, on  avait créé un système de pré-commandes pour lancer le magazine en papier grâce aux abonnements. On est vraiment né avec cette génération digitale qui nous a permis de nous lancer et a été hyper solidaire autour du concept.

Quand tu t’es lancée, voyais-tu déjà grand ? Ou est-ce que tu t’es lancée par passion sans deviner jusqu’où ton magazine pouvait aller?

Je me suis lancée sans vraiment savoir jusqu’où je pourrai aller mais avec l’envie d’aller très loin. Et bizarrement, j’ai l’impression d’être à peine au début du projet (alors que ça fait déjà 9 ans !).  Je voyais grand, j’avais déjà envie d’être tout de suite au national, de toucher beaucoup de monde. Ça prend du temps à  construire mais je n’ai jamais lâché.

Je me suis lancée par passion sans me rendre compte de ce que ça allait être en termes de sacrifices, d’étapes …

Ce n’est pas plus mal, du coup j’y suis allée sans me poser trop de questions et 9 ans après, je suis toujours là. Je n’ai aucun regret !

Pour déployer Paulette, tu as réussi une campagne de Crowdfunding. C’est très prenant et très impliquant. Il faut convaincre des gens de croire en ton projet et de participer financièrement. As-tu des conseils pour les personnes qui veulent se lancer dans un financement participatif ? 

On s’est lancé, c’était les tout débuts du crowdfunding. A l’époque c’était un peu plus surprenant qu’aujourd’hui.

Ce qui est certain c’est que déjà à l’époque c’était prenant et impliquant et qu’il y avait cette notion de convaincre les gens. Mais il y avait beaucoup moins de concurrence. Donc je pense que c’était peut-être un petit peu plus facile que ça ne l’est aujourd’hui. Ce qui est certain, c’est qu’il faut regorger de créativité, d’humour. C’est très compliqué de demander de l’argent aux gens. Si tu arrives à pointer du doigt ce qui peut être utile, répondre à des problèmes que les gens rencontrent dans leur quotidien et que ton projet va réussir à solver, c’est ça qu’il faut mettre en avant.

Il ne faut pas avoir peur de redire plusieurs fois la même chose. Il ne faut rien lâcher. Il faut souvent rabâcher. On croit que les gens ont vu mais ils n’ont pas forcément fait attention. Donc il faut redire les choses sous des angles différents même si, au final, on dit la même chose. Il faut également essayer de toucher une audience de gens qui peuvent être concernés par ce qu’on crée.

Aller chercher des cercles, des sites, des groupes, des pages fans de gens qui sont touchés par ce que tu produis. Communiquer auprès de cette communauté-là. Idéalement, c’est ce que nous avions fait sur Paulette, crée-toi une communauté avant et ensuite sollicite-là. Car si cette communauté est présente, c’est qu’elle a déjà validé le début de ton concept. Elle a forcément envie que ton concept continue d’évoluer. Et si ton idée est bonne, il n’a pas de raison de ne pas réussir à lever des fonds.

As-tu rencontré des difficultés dans la Paulette Story? Si oui, comment les as-tu surmontées?

On rencontre des difficultés tous les jours, toutes les semaines. C’est, je pense, le B-A-BA de l’entrepreneuriat que d’avoir des embûches sur son chemin en permanence. C’est très difficile, ça c’est sûr, et on ne le dit pas assez, on ne voit que le côté glamour !

Je pense qu’il faut des épaules solides pour entreprendre. Aujourd’hui, c’est la mode, on est dans une époque où on pousse un peu tout le monde à entreprendre. Je ne pense pas que ce soit fait pour tout le monde. C’est vraiment très dur et je pense que les gens ne se rendent pas compte à quel point on fait des sacrifices. Surtout quand tu commences à avoir des équipes à gérer avec des charges fixes, là la pression devient vraiment très importante, il faut pouvoir porter ça tout les jours.

Je surmonte ces différentes difficultés en essayant toujours d’aviser, c’est-à-dire d’être créative. Des fois, on a des soucis pour aller d’un point A à un point B et on a l’impression qu’on n’y arrivera jamais. On va essayer de faire des détours complètement biscornus pour finalement arriver à ce point. Cela implique d’accepter de faire des changements, même si parfois ils ne sont pas faciles.

L’idée c’est d’essayer de garder la tête froide et d’être le plus pragmatique possible pour pouvoir regarder « outside the box » la situation.

C’est aussi très intéressant de partager ce qu’on vit avec d’autres entrepreneurs. Parce que même si on n’a pas les mêmes projets ça nous nourrit. Au final on rencontre tous plus ou moins les mêmes problèmes. Tu peux être à la tête d’un café ou à la tête d’une marque de t-shirt ou monter un magazine, finalement t’as des charges, des équipes, des impôts, des problématiques de recrutement de clients, de fidélisation. On vit tous plus ou moins les mêmes soucis. Parfois, la manière dont quelqu’un a pu se sortir d’une situation peut nous inspirer. Quand on est à la tête d’un business, on croit qu’on doit trouver toutes les réponses tout seul car c’est notre rôle de boss. Sauf qu’on reste des humains et qu’on n’a pas toujours toutes les réponses face à des difficultés. Faire appel à des cerveaux extérieurs qui ont pris les mêmes risques que nous, ça amène un peu de clairvoyance.

Vaut mieux avoir l’humilité de partager ses problèmes avec des gens qui peuvent comprendre ce que c’est et nous aider à trouver des idées que s’enfermer dans ses soucis.

Y a-t-il une chose qu’il te tient à cœur de mettre en avant ?

Il faut soutenir le plus possible la presse indépendante et tous les projets indépendants.

Il n’y a que les « risk taker » qui peuvent faire bouger les choses. De la même façon qu’il est important d’aider des asso, consommer éthique et soutenir les créateurs Made In France.  Acheter la presse indépendante, ça permet à des projets comme Paulette d’exister. Ça permet de faire vivre plus d’une quinzaine de personnes par mois, de créer de l’emploi et de proposer une alternative à ce qui existe aujourd’hui. Même si Paulette n’est qu’un  projet dans un océan de magazines, on essaie de faire bouger les codes comme on peut. Et une personne qui s’abonne à Paulette, qui achète un magazine ou qui follow notre compte Instagram pour faire grossir notre communauté, ça a un vrai impact. Rien que pour ça, merci !

Quel est le gros challenge 2018 de Paulette? 

On a beaucoup de challenges. Le plus gros challenge pour nous va être de lever des fonds afin de pouvoir investir dans des projets importants. Je ne peux pas tout dévoiler mais un peu d’international, de présence physique et toujours plus de social media sont les tendances qu’on va pousser chez Paulette.

Quel message aimerais-tu transmettre à celles qui n’osent pas encore se lancer?

Commencer par se poser vraiment la question de « Pourquoi on a envie de se lancer ? » Penser au fond avant de penser la forme.

Pour créer un projet qui dure, il faut avoir une motivation qui vient vraiment des tripes. Un message à défendre, une revanche à prendre, un combat à mener. Seules de profondes motivations, nourrissent l’endurance nécessaire à un entrepreneur.

Lancez vous jeunes, il y moins de risque, moins de peur, plus de folie et de fougue !

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