Témoignages inspirants

Céline crée Françoise la chocolaterie

Nouveau projet de Femme du Sud ^^ Voici le témoignage de Céline qui a créé « Françoise la Chocolaterie ». A tout juste 26 ans, elle nous montre comment la motivation et la persévérance permettent de vivre de sa passion.

Bonjour Céline!

Pouvez-vous vous présenter et décrire votre chocolaterie en quelques mots?

Je me nomme Céline Corbier. J’ai 26 ans, je suis artisan chocolatier et gérante depuis le 20 décembre 2016, de ma propre chocolaterie artisanale située dans le 12ème arrondissement de Marseille : Françoise [La] Chocolaterie.

Je travaille le chocolat brut pour en faire principalement des « bonbons » (ganaches ou pralinés), que je dispose et vends dans des étuis griffés au nom du magasin. Je fais également des tablettes, pâtes à tartiner, guimauves, mendiants et autres produits  chocolatés.

Enfin, je propose des produits d’épicerie fine de producteurs artisanaux que j’ai eu l’occasion de rencontrer depuis mon installation (Miels de Châtaignier Corse, nougats de Clermont Ferrand, fruits confits provençaux, sirop d’érable Québécois….). Ma démarche consiste à présenter aux clients certaines des matières premières que j’utilise dans la fabrication de mes bonbons.

 

Avez-vous toujours souhaité devenir chocolatière ou est-ce un changement de vie récent? S’il s’agit d’un changement, qu’est-ce qui l’a motivé?

Alors non, on peut dire que je n’étais pas du tout prédestinée à travailler dans ce genre de métier de bouche !

J’ai toujours adoré la pâtisserie en revanche et le changement de voie s’est vraiment précisé lorsque je me suis rendu compte que je passais mon temps dans la cuisine pour faire des gâteaux !

Le plaisir de travailler le chocolat, quant à lui, est vraiment venu à force de travail, tout au long de ma formation de chocolatier et après, en tant que salariée…

A la sortie du lycée, j’ai d’abord effectué des études de commerce jusqu’à atteindre la 3ème année de licence. (Je crois que je viens d’une famille dans laquelle on estime que les longues études sont potentiellement les meilleures !).

J’arrivais à saturation de ces études, qui pour moi, ne conduiraient à aucune formation professionnalisante et réellement utile, dans le monde du travail aujourd’hui… Donc pourquoi pas me lancer professionnellement dans un domaine qui, j’en suis alors persuadée, me plaît énormément et dans lequel je pourrais définitivement y retrouver une satisfaction personnelle…

Septembre 2013 j’attaquais une formation en un an de CAP Pâtissier …

 Françoise la Chocolaterie

Comment avez-vous franchi le cap d’oser vous lancer dans la création de cette chocolaterie?

Dès mon changement de voie professionnelle, j’ai su que mon but serait quoi qu’il arrive de lancer ma propre affaire tôt ou tard. (Je n’étais juste pas encore fixée sur le « quoi » !).

L’idée de créer mon entreprise a vraiment résonné dans ma tête lorsque je me suis spécialisée dans le chocolat. J’avais de plus en plus d’idées de créations, d’associations de goûts, de recettes et je me voyais de plus en plus les réaliser « chez moi » !

L’envie de « voler de mes propres ailes » s’est accentuée au début de l’année 2015, d’autant que là ou je travaillais, il m’arrivait parfois de bosser seule en production. Il y a donc un jour ou je me suis finalement dis « pourquoi ne pas faire la même chose mais pour moi »…

(Même si je savais que je ne maîtrisais que le côté production et pas du tout le côté vente !)

Françoise la Chocolaterie

Avez-vous déjà rencontré des difficultés? Si oui, comment les avez-vous surmontées?

Les premières difficultés concernent bien sur la création en elle-même.

J’ai énormément bossé seule en amont. En particulier sur tous les documents à produire et à fournir à la banque et aux autres acteurs financiers, pour crédibiliser le projet (business plan, plan de trésorerie, prévisionnel…). Projet soit dit en passant, développé par une « minotte » de 25 ans…. 😉

En tous cas, on m’a souvent dit que la création d’entreprise serait un « parcours du combattant », ce que je confirme largement aujourd’hui !

Je me suis plongée réellement dans le projet en mars 2016, juste avant la fin de mon contrat chez mon maître d’apprentissage.

Il faut savoir aussi que je ne disposais initialement d’aucun fonds propres à apporter à la création de la société et que j’étais absolument déterminée à ouvrir pour Noël 2016 ! Déjà ça faisait pas mal de contraintes…

Pour résumer un peu la situation (sinon je crois que je pourrais en faire un livre !) disons que j’ai été énormément aidée par ma famille. Et notamment par ma cousine qui vit sur Paris et qui a quand même une bonne expérience des affaires et des créations d’entreprises. (Elle me coache encore aujourd’hui très régulièrement !). Grâce à elle j’ai eu un appui financier de base qui m’a permis d’être crédible vis-à-vis du reste de ma famille, ainsi que des banques et des fournisseurs.

(C’est d’ailleurs aussi grâce à elle que nous avons décidé d’appeler la chocolaterie « Françoise », en hommage à notre arrière grand-mère)

Aujourd’hui installée, je dirais que la difficulté est quotidienne, puisque je travaille actuellement seule à la vente comme à la production. Je vais heureusement pouvoir compter sur l’aide future de ma compagne qui va venir faire un stage chez moi en parallèle d’une formation au lycée Bonneveine.

L’objectif pour moi, la période de fêtes approchant, est de me faire connaître par le plus de personnes possible (particuliers et surtout entreprises). La constitution d’un réseau professionnel est fondamentale, peu importe la situation géographique du magasin. Je suis une de celle qui croit que si l’on ne fait pas la démarche de sortir du labo pour aller chercher les clients, ils ne viendront pas tous seuls ! (et je pense que c’est particulièrement vrai pour les artisans).

Quel message aimeriez-vous transmettre à celles qui n’ont pas encore osé se lancer?

Pendant la création je suis vraiment passée par des hauts et des bas. Psychologiquement il faut vraiment être solide pour surtout ne pas se laisser atteindre par les discours défaitistes qui vous donnent perdante avant même que vous n’ayez esquissé le moindre premier pas. Ces discours peuvent faire mal surtout quand ils viennent de personnes que vous pensiez être vos soutiens sans faille…

Pour autant il ne s’agit pas de foncer tête baissée. Il faut prendre du recul et avant de commencer quoi que ce soit, se poser et se demander vraiment, « pourquoi je me lance là dedans ? », « est ce le bon moment ? », « suis-je suffisamment préparée et motivée ? »….

Répondre à ces questions aide beaucoup (par écrit d’ailleurs c’est encore plus efficace). Et cela vous prouve que vous êtes ou non, prête à affronter la suite et que peu importe les obstacles ou le temps que cela prend, vous ferez tout pour aller au bout.

L’obstacle majeur à la création de projet reste l’aspect financier. C’est pourquoi je sais que l’appui que j’ai eu de la part de ma famille a joué un rôle considérable dans le bon déroulement du projet. Et pour cela je sais bien que je suis chanceuse…. Mais il faut savoir que la chance ne tombe pas du ciel et qu’il faut incessamment la provoquer ! Si vous avez un projet qui peut potentiellement fonctionner « sur le papier », qui est prometteur et surtout réalisable, il n’y aucune raison que vous n’y arriviez pas. Ces projets sont rares et recherchés et méritent que l’on se donne du mal pour les concrétiser.

Restez optimistes quoi qu’il arrive car rien n’arrive par hasard !

Et enfin, surtout ne pas hésiter à parler de vous et de votre projet autour de vous ! Le bouche à oreille reste le meilleur moyen de se créer un réseau et de faire du business.

*********************************************************************************************************

En savoir plus ^^

Pour déguster de bons chocolats, c’est par ici 😉

Et suivez l’actualité sur Facebook et Instagram 😉

You Might Also Like...

No Comments

    Leave a Reply